© ADRIENNE ARTH


ADRIENNE ARTH ::
GENS DANS LE TEMPS

 

•  1 > 15 JUILLET :: TOUS LES JOURS 11H-13H / 16H-20H

 16 > 31 JUILLET :: RDV SUR WWW. ATELIER-GASTONDELUPPE.COM

• VERNISSAGE :: 4 JUILLET À 17H

• MUSÉE-GALERIE L’ATELIER GASTON DE LUPPÉ, 19 RUE DES ARÈNES, ARLES

 

Gens dans le temps travaille sur ce que j’appellerais un paysage humain. Des corps pris dans le décor, en action, attente, marche, immobilité. Dans une apparition/disparition. L’humain comme une trace, se diluant dans un espace. Cette condition humaine d’être là et de n’y être déjà plus.

Un entre deux entre présence et effacement, idée et image, réel et fiction. Où les corps ne sont que passage, ils vont partir, sortir du cadre, se fondre dans la foule. Où, on ne sait pas très bien, ni quand les choses ont lieu.

Je photographie les corps et les visages tels que je les vois, et tels qu’ils sont déjà dans ma mémoire, d’où les transparences, les surimpressions qui rendent compte de la métamorphose continue des images en nous-mêmes et de nos propres métamorphoses. Nous sommes une fiction volatile.

Mes surimpressions ont aussi à faire aux surimpressions de temps et d’espaces dans lesquelles nous vivons. Je mange et je regarde la télévision passant d’une information à l’autre, un oiseau passe devant la fenêtre et ma voisine d’en face fume sur son balcon.

L’instant qui est fixé par l’objectif est déjà contaminé par la durée, d’où ces superpositions temporelles. Je travaille avec des fragments du réel, j’extrais l’image de son milieu naturel.

Tous mes portraits sont transformés, anonymés par un travail sur l’image. Ces visages croisés sont pour moi des figures qui habitent ma mémoire dont je les extrais.

C’est une expérience du temps, de la trace, de la fragilité de l’instant. Une expérience sensible de notre condition quotidienne, de notre mouvement quotidien de la chambre à la rue.

La photographie pour moi, ne figure pas, elle crée des images. Mes photos sont une proposition, elles évoquent plus qu’elles ne décrivent. Elles invitent à partager une expérience sensible d’un regard, le mien.

C’est à partir de ma présence au monde que je photographie. Le réel est pour moi une source d’inspiration, de questionnement de l’image, de propositions, d’expériences, dont je rends compte à travers le médium photographique.

Je cherche une écriture photographique tactile, sensitive, intuitive, intime, un langage de suggestion.

Je produis des matériaux visuels, j’utilise des fragments de réalité dans une observation inconsciente, active et floue en même temps.

Je suis nourrie par l’œuvre de mes prédécesseurs, je m’inscris dans une continuité de l’histoire de l’image que je brise, transgresse, forme et déforme.

Mes photos sont des Paysages de cerveau.

Adrienne Arth

http://www.adriennearth.com/