© Raymond Escomel

 

RAYMOND ESCOMEL :: UN VOYAGE EN ITALIE

 

• 2 > 8 JUILLET :: TOUS LES JOURS 10H30-13H / 15H30-18H
• STUDIO PHOTO ESCOMEL, 9 RUE ARISTIDE BRIAND, ARLES

 

Créer des images dans le Beau pays*


Pour les étrangers que nous sommes l’Italie est par tradition le pays du farniente de l’insouciance et de la rêverie. De rêverie il en est fortement question dans ce travail directement lié au fruit de mon imagination. Il s’agit d’un voyage emprunt de nostalgie, une quête utopique du Beau Pays qui n’est plus malgré la résistance de son peuple toujours prêt à célébrer ses traditions face au rouleau compresseur de la mondialisation qui efface toute singularité.


Retrouver un peu de ce monde perdu tout en étant immergé dans le réel fut possible grâce à mes souvenirs. Ceux de l’adolescence, déjà un demi-siècle, lorsque je me nourrissais de littérature de poésie de chanson et de cinéma italiens. Entreprendre une sorte de Grand Tour du nord au sud non pas sur les traces des voyageurs de l’époque des Lumières mais guidé par Giorgio Bassani, Carlo Levi, Alberto Moravia, Pier Paolo Pasolini, Michelangelo Antonioni, Federico Fellini, Brunello Rondi, Francesco Rosi, Luchino Visconti… Avec toujours en tête une ritournelle de Rosa Balistreri ou des musiques enivrantes de tarentelles, les scènes de danses torrides, avec Silvana Mangano dans riz amer ou Lucia Bosé dans Pâques sanglantes, mises en scène toutes deux par Giuseppe de Santis.


Dans un lieu précis cette résurgence de ma mémoire me guide comme un somnambule vers une interprétation photographique. J’exprime en image ce qui va au-delà des limites de la réalité et de l’illusion, en révélant non seulement ce qui est, mais aussi ce qui n’est pas. Ce qui n’est plus.