MISOES, la vie sur le fleuve Sénégal, 1958 :: Maya Bracher

Maya Bracher présente pour la première fois à Nîmes une série complète produite dans le cadre de la MISOES, mission d’étude sociologique sur les pratiques agricoles, qui se déroula dans la vallée du fleuve Sénégal en 1958.


Maya Bracher
© Maya Bracher

Une photographie en noir et blanc au moyen format, à caractère humaniste et documentaire où perce souvent un engagement humaniste et esthétique fort s’appuyant sur le jeu des ombres et de la lumière.

Janvier, février et mai 1958 dans la vallée du fleuve Sénégal.

"En faisant ce reportage, encadrée par mes amis chercheurs, j’avais l’impression de participer à un travail important pour le développement de la région, à l’approche de l’indépendance du Sénégal et de la Mauritanie. C’était une équipe de jeunes scientifiques, en deçà de l’idéologie colonialiste, encore perceptible à l’époque dans certains milieux.

J’habitais à Dakar avec mon compagnon depuis 1954 et aller en « brousse », c’était l’aventure, c’était rompre avec la vie urbaine à l’européenne. Nous avions l’intention de faire un grand tour en Mauritanie pour documenter par la photo la vie des nomades et des sédentaires.

Pour des raisons de calendrier, je suis arrivée seule à Kaédi, la base de la Misoes. J’ai essayé d’illustrer tout ce qui intéressait mes amis chercheurs : les denrées qui se vendent au marché, ce qui pousse dans les champs, la manière de cultiver et de construire ou de se déplacer. J’étais captivée par la beauté des grandes pirogues de transport avec leurs voiles, par les grands filets de pêche, suspendus comme des draperies sur la berge du fleuve, par les reflets dans l’eau brune du gué, par les cornes élancées des bœufs, ressemblant à une lyre.

J’aime qu’une photo soit bien cadrée, qu’il y ait harmonie entre surfaces sombres et claires, j’adore les contre-jours mais aussi les gris brumeux. J’aime raconter en images la vie des gens, en l’occurrence, celle des Toucouleurs, des Pheuls et des Maures au bord du fleuve avec leurs animaux. Les gens, qui en général étaient complaisants à l’égard de la photographe, me permettaient de faire des portraits, de les capter dans leurs activités, dans leurs relations familiales ou de voisinage. C’était un bonheur de saisir leurs gestes élégants : porter un panier sur la tête, baigner un enfant ou jeter un filet.

En consultant mes planches contact 6x6, avec 53 ans de recul, je me souviens avec plaisir de la chaleur un peu humide du bord du fleuve Sénégal et des moments heureux passés au cœur de ce pays."
Maya Bracher

Maya Bracher
© Maya Bracher


Pratique

FOTOLOFT NEGPOS
1 cours Nemausus
30 000 Nîmes

Exposition du 28 juin au 31 juillet
Sur rendez-vous au 06.71.08.08.16 / 06.25.91.05.42