Fetart :: 5 photographes #15

Fetart propose l’exposition  5 photographes #15 qui présente les photographies de Agan HARAHAPAlberto MASERIN, Stéphanie ROLLANDMathieu ROQUIGNY et Thomas VANDEN DRIESSCHE.


Alberto Maserin
© Alberto Maserin, Et nunc...


Association française reconnue d’intérêt général, Fetart a pour objectif de faire la promotion des photographes émergents en leur donnant une première occasion d’exposer leur travail.

Véritable tremplin pour lancer la carrière des photographes, l’association a permis de révéler de nombreux talents et de leur fournir un premier ancrage dans le marché de l’art. Depuis sa création en 2005, l’équipe de Fetart, qui regroupe une vingtaine de passionnés de photographie, tous bénévoles, a organisé plus de 45 expositions et présenté une centaine d’artistes français mais aussi européens. Au fil des ans, Fetart a noué avec des collectifs, des organisateurs de festivals, des galeries, des revues et des écoles de photographies, un véritable réseau de contacts afin de créer une véritable dynamique autour de la photographie européenne. La volonté d’ouverture de l’association sur l’Europe s’est traduite en 2011 par l’organisation, à Paris, de la première édition de Circulation(s), premier festival de la jeune photographie européenne.



Agan Harahap, Super héros

Pour les gens qui vivent loin des champs de batailles, la guerre se résume le plus souvent aux informations proposées par les journaux ou diffusées à la télévision pendant qu’on dîne en plaisantant en famille ou entre amis.

Notre perception de la guerre a aussi été modifiée par le jeu ou la simulation sans que l’on se préoccupe de l’impact réel de ce basculement. Désormais on ne se soucie plus de savoir qui a tort, qui a raison, qui sont les méchants, qui sont les héros…

La guerre est devenue le divertissement de nos vies quotidiennes à laquelle on prête un intérêt distant, nous sentant par instant concernés et plein de pitié avant que l’évènement ne tombe dans l’oubli et avec lui notre compassion.


Alberto Maserin, Et nunc...

"La série “Et Nunc” s’appuie au départ sur mon expérience d’enfant lorsque je percevais les prêtres comme des individus possédant deux identités différentes, l’une avant la messe et l’autre pendant celle-ci.

Dans la religion catholique, les curés servent de guide et sont considérés comme les représentants les plus proches du Christ rencontrés par les croyants. Le prêtre est une personne autorisée à accomplir les rites de la religion et à agir en tant que tel comme médiateur entre les hommes et Dieu. Ce rôle atteint son apogée au cours de la célébration de la messe durant laquelle le prêtre joue son rôle de vassal du Christ.

Les symboles peuvent être dénués de sens en dehors de tout contexte, mais lorsqu’ils se trouvent dans un cadre spécifique, ils peuvent au contraire acquérir une puissance impressionnante. Quand le prêtre enfile sa tenue pour la messe, la personne qu’il était jusque là, avec toute son individualité et ses caractéristiques, disparaît. Il devient l’incarnation contemporaine d’un héritage médiéval dictant la manière dont les prêtres doivent apparaître. Il effectue un incroyable voyage dans le temps vers un monde different où le pouvoir de l’église était beaucoup plus important et qu’il était le centre de toute l’éducation et de la puissance en Europe.


Stéphanie Rolland, A vendre, à louer

« Chaque matin, je passe devant le poste de mon voisin chasseur. C’est une belle cabane, comme une petite maison de campagne, à ceci près qu’elle sait se fondre dans le décor au point de devenir presque invisible. Fenêtres, portes, couleurs, tout ou presque épouse les caractéristiques de l’environnement… Un jour, mon voisin a prolongé son observatoire en aménageant une terrasse en bois. « Tiens, il a agrandi sa maison de campagne… ». Je me suis alors demandée si un jour on pourrait nous proposer des cabanes de chasseur en tant que logement. On vend bien des “sous-sols” à Paris, pourquoi ne verrait-on pas en vitrine d’une agence immobilière : « Loue splendide cabane de chasseur » ou encore « Vends superbe poste tout neuf ».

J’ai parcouru les sentiers, les campagnes à la recherche de ces fameuses cabanes. Et j’ai trouvé des aménagements et des architectures très judicieuses : écolos pour certains, plus contemporains pour d’autres.

Progressivement l’aspect typologique et le caractère anecdotique de cette série ont rejoint le politique. Et si jamais cela devenait réalité ? La crise du logement est telle aujourd’hui, qu’il n’est pas improbable d’imaginer qu’un jour nous en venions à louer ou à acheter ce type d’habitat. Et finalement n’est-ce pas déjà le cas ? Ne voit-on pas déjà « des hommes des bois », « des invisibles », vivre dans des cabanes de fortune aux portes des villes ? Et pour l’instant, ce logement est gratuit… »


Mathieu Roquigny, Diary

La série qui vous est présentée ici est une brève sélection de photographies que Mathieu Roquigny fait au jour le jour. Parfois prises sur le vif ou parfois composées, ces images forment un journal compulsif sans véritable hiérarchie, un travail presque anarchique de la mise en scène du quotidien, sans réel but qualitatif. Ses photographies créent alors une véritable cartographie sentimentale et complexe. Témoin d’anecdotes, de souvenirs mais aussi de rituels et d’obsessions. Témoignage d’une itinérance contemporaine.


Thomas Vanden Driessch, How to be a photographer in 4 lessons


Début 2012, une vieille machine photomaton argentique est installée à Bruxelles dans un lieu culturel situé à proximité du domicile de Thomas Vanden Driessche, photographe documentaire belge membre du collectif Out Of Focus.
Dans la lignée d’un Topor, il décide d’utiliser ce medium et ses contraintes pour raconter, par l’intermédiaire de ces bandes de 4 images, des histoires sur le petit monde de la photographie qu’il côtoie depuis quelques années. Ces “How to be a photographer in 4 lessons” réalisés sur une base hebdomadaire et diffusés au plus grand nombre via Internet finissent par prendre la forme d’un véritable petit guide de la photographie contemporaine.

Muni de sa vieille machine à écrire Valentine, Thomas dispense ses leçons avec un humour très personnel et une douce ironie soulignant les stéréotypes et les dérives de certains courants de la photographie contemporaine. L’auteur qui embrasse à titre personnel de nombreuses influences des grands courants de la photographie documentaire dans ses travaux personnels ne s’épargne pas dans ses mises en scène et interroge d’une certaine manière sa propre démarche.





Pratique

5 photographes #15
55 rue du Quatre Septembre
13200 Arles

Exposition du 2 au 6 juillet
Vernissage le 3 juillet à 18h30
Tous les jours, de 11h à 19h
www.phototvdd.be
http://rollandstephanie.free.fr
www.mathieuroquigny.com
www.albertomaserin.com