Face à face #2 :: Par-delà la fenêtre

Giuliana Mariniello présente l'exposition Par-delà la fenêtre, dans laquelle la fenêtre est vue comme un seuil de vision et une synthèse des contraires : l'ouverture et la fermeture, l'obstacle et la transparence, l'intérieur et l'extérieur, le connu et l'inconnu ...



visuel Giuiliana Mariniello
© Giuliana Mariniello



Face à face

L’exposition “Face-à-face” présente ou plutôt confronte le travail de deux artistes : Marcel Bataillard et Giuliana Mariniello.

Ils se sont rencontrés l’été dernier à Arles ; Giuliana, photographe vivant et travaillant à Rome, devenant pour un temps la voisine d’en face de Marcel, artiste partageant son temps entre Nice et Arles. Le dialogue entamé lors des dernières Rencontres se poursuit donc ici et maintenant sous forme d’exposition.

Marcel Bataillard expose pour la première fois la série Au passage, à la fois carnet de voyage et relevé de fenêtres et portes aveuglées. L’habitat comme les rapports humains s’y révèlent sous un jour inattendu, dans des noirs et blancs nuancés.

Giuliana Mariniello donne à voir pour sa part des vues, hautes en couleurs - peu naturelles et pourtant réelles -, depuis et “Par-delà la fenêtre”, et qui font la part belle au trouble et au reflet, rendant incertain le rapport intérieur/extérieur.

Ainsi de part et d’autre de la rue, deux visions de la ville s’exposent.



Par delà la fenêtre

Cette petite série de photos, prises à Arles lors de l'été de 2012, est née de la curiosité suscitée par un vitrail. Le monde filtré à travers la fenêtre était comme un rêve, quelque chose d'indistinct rendant la scène plus évocatrice que descriptive.

Au-delà de ce verre sont apparues des images de choses à peine visibles : une vieille lampe de rue, une fenêtre typique de la Provence, une ruelle, des reflets changeants. Avec de l'imagination, au-delà du verre et des grilles, on pourrait apercevoir un tableau de Rothko, un aquarium, un petit jardin et d'autres visions lointaines et mystérieuses.

La réalité, quand elle se caractérise par une puissance évocatrice, peut être transmutée et s'en remettre à d'autres dimensions et des mondes inconnus. La fenêtre est une limite, une frontière, un seuil de vision, une synthèse des contraires : l'ouverture et la fermeture, l'obstacle et la transparence, l'intérieur et l'extérieur, le connu et l'inconnu.

Comme l'écrit Baudelaire dans le poème en prose Les fenêtres* : « Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. (…) Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. »
*Le Spleen de Paris, 1863.



Biographie

Giuliana Mariniello, qui vit à Rome, s'intéresse particulièrement aux aspects théoriques de la photographie et met en œuvre depuis plusieurs années une recherche artistique personnelle. Ses thèmes de travail privilégiés sont le paysage urbain, la représentation du « féminin », la relation entre le sacré et le profane ; ils ont donné lieu aux séries La ville visible, Manifest-azioni, Venise : Théâtre des masques, Obscurs objets du désir, New York Notebook. Elle a réalisé une trentaine d'expositions, individuelles et collectives, en Italie comme à l'étranger (Paris, Arles, New York, Los Angeles, Tel Aviv...) et a reçu diverses récompenses dont le Prix Kodak Élite et le Prix Photofolio aux Rencontres Internationales de la Photographie à Arles.

Elle a également participé à divers stages avec plusieurs photographes italiens et étrangers reconnus : M. Ackerman, M. Botman, M. Cresci, F. Fontana, D. Kirkland, G. le Querrec et A. Webb. Commissaire de plusieurs expositions (G. Berengo Gardin, F. Cito, H. Stein, C. García Rodero), elle écrit régulièrement des articles, essais et préfaces. Au cours des dernières années, elle a ainsi couvert les RIP d'Arles pour le magazine FOTOIT mais aussi publié La città visibile (2007), Women X Women (2011) et, en 2013, un essai Sulla fotografia giapponese contemporanea, et le livre photographique Marilyn Forever.

Par ailleurs, Giuliana Mariniello a enseigné la littérature anglaise à l'Université « L'Orientale » de Naples et a publié plusieurs livres et essais sur Shakespeare, la Renaissance anglaise, la littérature de voyage et les relations interculturelles entre l'Orient et l'Occident.




Pratique

Face-à-Face
2 rue de l'agneau
13200 Arles

Exposition du 1er au 10 juillet
Vernissage le 1er juillet à 18h30
Tous les jours de 11h à 19h