Face à face #1 :: Au passage

Marcel Bataillard présente l'exposition Au passage, carnet de voyage. Avec le soutien de la Galerie Eva Vautier (Nice).



Visuel Marcel Bataillard
© Marcel Bataillard


Face-à-face

L’exposition “Face-à-face” présente ou plutôt confronte le travail de deux artistes : Marcel Bataillard et Giuliana Mariniello. Ils se sont rencontrés l’été dernier à Arles ; Giuliana, photographe vivant et travaillant à Rome, devenant pour un temps la voisine d’en face de Marcel, artiste partageant son temps entre Nice et Arles. Le dialogue entamé lors des dernières Rencontres se poursuit donc ici et maintenant sous forme d’exposition. Marcel Bataillard expose pour la première fois la série “Au passage”, à la fois carnet de voyage et relevé de fenêtres et portes aveuglées. L’habitat comme les rapports humains s’y révèlent sous un jour inattendu, dans des noirs et blancs nuancés. Giuliana Mariniello donne à voir pour sa part des vues, hautes en couleurs - peu naturelles et pourtant réelles -, depuis et “Par-delà la fenêtre”, et qui font la part belle au trouble et au reflet, rendant incertain le rapport intérieur/extérieur. Ainsi de part et d’autre de la rue, deux visions de la ville s’exposent.


“Au passage”

Carnet de voyage des déplacements de Marcel Bataillard, depuis bientôt dix ans et tant en France qu’à l’étranger, la série Au passage consiste en un relevé photographique, depuis la rue, de fenêtres et de portes aveugles ou aveuglées ; chaque photo fait face à l’inscription du lieu et de l’heure de la prise de vue.

On sait que l’architecture, art du temps, est étymologiquement celui de clore et couvrir des lieux. Cette suite d’issues condamnées, souvent pour empêcher les humains et la lumière d’entrer, met paradoxalement en perspective* comment les époques et les hommes transforment l’habitat - qu’il soit en voie d’amélioration, de réhabilitation, de paupérisation ou à l’abandon. Parfois en harmonie, parfois en rupture avec l’existant, les aveuglements volontaires ici exposés, c’est-à-dire accrochés au mur, jouent sur plusieurs tableaux : caché/montré, dedans/dehors, public/privé. Et se mêlent d’histoire et de géographie, de sociologie et d’histoire de l’art, évoquant en creux les hauts et les bas de l’urbanisme.**

Cette suite d’issues condamnées met paradoxalement en perspective comment les époques et les hommes transforment l’habitat et leurs rapports, parfois harmonieux, parfois houleux.



*Pour la Renaissance, qui a codifié la perspective occidentale, le tableau est une fenêtre ouverte sur le monde ; pour Clement Greenberg, au vingtième siècle et à New-York, un tableau c’est une surface plane et limitée. “Au passage” s’appuie sur ces deux positions.
**La Société française des urbanistes définit l’urbanisme comme « recouvrant l’ensemble des activités humaines, du moment qu’elles s’articulent, dans le temps, avec les territoires ».



Biographie

Artiste pluridisciplinaire (plasticien, musicien, écrivain, performeur, scénographe) Marcel Bataillard questionne l’image - sa vérité et sa véracité en tant que trace, signe, souvenir, témoignage, preuve -, ainsi que l’histoire, la mémoire, l’identité - avec ou sans majuscules.

Autoproclamé « peintre aveugle » en 1993, il développe, jusque fin 2012, une pratique artistique centrée sur un aveuglement simulé***, dessinant et peignant les yeux fermés et donnant naissance à des œuvres où aléatoire, absurde, jeu, virtuosité et expérimentation ont toute leur place. Assez vite, le corpus des dessins et peintures s’enrichit de différents objets, photographies, installations et performances - il collabore notamment avec Pietragalla Compagnie**** en 2011 et 2012 - autour de la cécité et de thèmes souvent archétypaux. En janvier 2013 il inaugure un parcours d’aphorismes destiné aux non-voyants et aux hyper-voyants pour l’Hôtel Windsor à Nice.

Aujourd’hui, il continue d’explorer les relations texte/image en s’orientant davantage vers la photographie, ce que préfigure la série  Au passage.

Né en 1967, Marcel Bataillard vit et travaille à Nice et Arles. Il est représenté par la Galerie Eva Vautier (Nice).



***Paraphrasant Camus, il considère « qu’il n’y a qu’un seul problème artistique vraiment sérieux : c’est l’immortalité. Voilà la vérité. Et la vérité crève les yeux... Le bon peintre est le peintre aveugle. »
****Il intervient en direct sur scène dans « La nuit des poètes », spectacle autour de textes d’Aragon, alliant poésie, danse, musique et peinture. À la demande de l’Hôtel, reconnu pour ses chambres d’artistes, Marcel Bataillard a conçu un parcours, intitulé Point de vue, constitué d’une douzaine d’aphorismes présentés conjointement en Braille et sous forme typographique ; ces textes évoquent la vision, le toucher, la nuit, l’image.



Pratique

Face-à-Face
1 rue de l'agneau
13200 Arles

Exposition du 1er au 10 juillet
Vernissage le 1er juillet à 18h30