Atelier Cinq :: This is our blood

Le collectif This is our blood rassemble des artistes créant à partir de leur propre sang. Ils expriment la force vitale présente en chacun de nous. Photographies, traces sur toiles, installations, évoquent tour à tour, le mystère de la vie, les menstruations et l'abolition de la peine de mort.


Le collectif This is our blood

Ce qui rassemble les artistes du collectif This is our blood est le sens qu'ils donnent au fait de travailler avec leur propre sang. Si leurs styles et leurs médias sont très différents (photo, installation, dessin au sang), il se dégage de leurs travaux respectifs une évidente unité philosophique, poétique et politique.

Les trois artistes participant à cette exposition collective, tout en ayant chacun une forte personnalité et développant des choix esthétiques différents, présentent des œuvres en accord sur l'essentiel : un profond respect pour la dignité de l'être humain, l'affirmation de la puissance féminine, l'humilité devant le mystère de la Vie et de la Mort, la capacité de dialoguer librement avec sa propre matière corporelle en y révélant tout à la fois la lumière et l'ombre. A travers des créations intimes et aux penchants universels, les artistes du collectif This is our blood offrent au public une occasion d'approcher et d'apprivoiser la question de l'âme, de nos âmes, car elles sont toutes entières contenues dans le sang...

Le collectif se donne ainsi comme objectif d’oeuvrer à libérer l'expression autour du sang et à instaurer, à l'image du flux sanguin, une circulation vitale des idées, des réflexions, des émotions, des projets, des personnes… Dans le champ de l'art, une telle démarche autour du sang est tout à fait inédite. La science refroidit le sang, l'amour le “bouillonne” et la religion se l'approprie et nous dépossède du même coup de notre pouvoir créateur vital - notamment en ce qui concerne les femmes. Eloignés, déshabitués du sang, du sang sale, du sang de mort, du sang “inhygiénique”, nous en avons peur. Peur de la mort ? Peur plutôt, peut-être, de la force de vie qu'il contient et qu'il peut faire jaillir en nous-mêmes…



Emmanuel SALA, Traces

Emmanuel SALA, plasticien, crée des Traces avec son sang qu'il recueille lors de soins. Guidé par sa seule intuition, il dialogue “de corps à corps” avec la matière et laisse les formes apparaître d’elles-mêmes sur la toile. Hémophile, profondément transformé par la redécouverte de cette dimension vitale, il souhaite donner à voir le sang vivant, mouvement, amour.

Pour Emmanuel SALA, l’acte de tracer avec son propre sang le relie à ce qui pourrait être la toute première forme d’écriture, avant même le langage. Les “signes” ainsi créés semblent issus du monde archaïque des origines dont la mémoire, si ancienne, est toujours en nous.

“Laisser parler” le sang fait émerger cette mémoire du monde des rêves où elle est enfouie et la ramène vers nous, aujourd’hui.

Ce travail est issu d’une recherche approfondie qu’Emmanuel SALA mène sur la question du sang depuis 2009, également par le biais de l’écriture - sur ses expérience personnelle avec le sang et sur ses recherches - et du théâtre – écriture d’une pièce et jeu d’acteur.

Principale exposition : Congrès mondial de l’hémophilie, Paris 2012. Autres expositions en France depuis 2009 associées aux représentations théâtrales de sa pièce, “Une histoire avec le sang”.

Emmanuel Sala
© Emmanuel Sala




Myriam BEGUE, En catimini


La photographe Myriam BEGUE travaille avec son sang menstruel. Elle s'appuie sur son intuition terrienne et crée des visions archaïques et animales remplies de la force du sang.

Avec poésie, conscience et art, Myriam BEGUE ose révéler ce que nos esprits savent parfois réprimer. Dans sa série de photographies « En catimini » c’est la mise en scène de son propre sang de femme réglée qui crée une relation nouvelle à la vie. Ces travaux stupéfient par leur audace, leur douceur brutale et désacralisent un des plus vieux tabou de notre société : les menstruations.

Son travail “En catimini” a été exposé à la Galerie Rouge, Pont l’Abbé en 2007.

Myriam Begue
© Myriam Begue



Gilles MAGNIN, Troy Davis


Gilles MAGNIN, photographe, dénonce dans son installation, la machinerie implacable et inhumaine de la peine de mort. Ce travail réalisé avec son propre sang, expérience unique pour lui au sein de sa carrière de photographe, est un acte de révolte fort contre la mort que les hommes infligent aux autres hommes.

Le photographe Gilles MAGNIN, nous propose ici une installation qui se décline sous la forme d’un triptyque. Il a tracé par petites touches circulaires, trois séries de trois lettres, TRO YDA VIS, en trempant dans son propre sang une petite pièce de monnaie de 50 cent de l’état de Georgie USA. Ce qui semblait presque illisible et incompréhensible, nous attire d’une façon irréductible et révèle le propos.

La Géorgie est un état américain qui n’a pas abolit la peine de mort et exécute ses condamnés, Troy Davis présumé innocent a subit ce sort inhumain, l’artiste en prélevant et utilisant un peu de son sang, nous redonne une petite partie de notre humanité perdue et s’oppose symboliquement à ce crime d’état.

Ce travail avec le sang est un engagement politique dans la vie de cet artiste qui vit avec le VIH, Cette mise à l’épreuve exposée au regard des autres nous questionne sur la violence du monde et l’importance de l’abolition de la peine de mort, pour continuer à nous installer dans une humanité de vie.

Gilles Magnin est diplômé de l'École Nationale Supérieure de Photographie d'Arles.

«La mort d’un homme est la mort du monde» Jacques Derrida.

Gilles Magnin
© Gilles Magnin


Avec cette exposition Arles 2013, les artistes de This is our blood "lient" leurs sangs dans un même sens pour découvrir, pour concilier.


Pratique

Atelier Cinq
5 rue Augustin Tardieu
13200 Arles

Exposition du 1er au 21 juillet 2013
Ouvert tous les jours, de 12h à 20h sauf le 14 juillet
Vernissage de l'exposition le vendredi 5 juillet, à 18h